Michèle TABAROT, Député des Alpes-Maritimes

Illustration : Palais de Justice

Dans ses annonces sur les réformes qu’il veut engager au sujet des prisons et des sanctions pénales, le Chef de l’État avait devant lui deux options pour répondre au défi de la surpopulation carcérale.

La première option, courageuse, étant celle de la fermeté, en se donnant les moyens de veiller à ce que chaque peine prononcée soit effectuée. Pour y parvenir, il faudrait augmenter substantiellement le nombre de places de prisons. C’est d’ailleurs une nécessité absolue car malgré le discours officiel, la surpopulation carcérale n’est pas le fait d’un nombre trop important de détenus mais bien du manque de places disponibles ! En 2015, notre pays comptait 98 détenus pour 100.000 habitants alors que la moyenne européenne était elle de 116.

La seconde option, étant celle de diminuer drastiquement le nombre de personnes incarcérées en favorisant les peines alternatives à la détention et les aménagements de peines, dans le prolongement de la politique laxiste conduite sous le précédent quinquennat par Christiane Taubira au Ministère de la Justice.

Comme bien souvent, Emmanuel Macron a fait le choix… de ne pas réellement choisir. Dans le même temps, il annonce d'une part le développement du nombre de places de prisons sans donner un objectif chiffré mais tout en renonçant à son engagement de campagne qui en prévoyait la création de 15.000 supplémentaires, et d'autre part, la « fin » des courtes peines, proscrites en dessous d'un mois et effectuées en milieux ouverts pour celles comprises entre un et six mois.

Lorsque des peines de prisons encourues ne sont plus prononcées, c’est le laxisme qui gagne du terrain sur l’autorité de l’État. Pour  lutter contre la délinquance, il faut porter une toute autre ambition, en préservant le sens de la sanction tout en évitant le phénomène de contagion au contact d'autres individus emprisonnés pour des condamnations beaucoup plus lourdes.

La priorité reste bien de développer de nouvelles places de prison afin de répondre aux urgences, au rang desquelles : l’encellulement individuel des djihadistes, l’isolement dans des secteurs dédiés des détenus radicalisés et le développement de quartiers voués aux « courtes peines », au lieu de renoncer à leur incarcération…