Michèle TABAROT, Député des Alpes-Maritimes

Arnaud Beltrame, Jean Mazières, Christian Medves et Hervé Sosna… Quatre noms de plus viennent s’ajouter à la liste des 245 innocents, victimes du terrorisme islamiste sur le sol français au cours de ces trois dernières années.

Toute la Nation s’est inclinée devant le sacrifice du Colonel Beltrame, un héros mort en martyr, qui a donné sa vie pour sauver celles de ses compatriotes.

Dans ce décor de deuil, que l'on retrouve après chaque attentat, il faut maintenant entendre la colère exprimée par les Français.

Ils ne comprennent pas comment un individu surveillé, « fiché S » pour radicalisation islamiste, accueilli par la France en son sein par le processus de naturalisation, a pu blesser mortellement un Officier supérieur de la Gendarmerie et assassiner trois autres personnes.

En pareille situation, l’union nationale est nécessaire. Mais pour qu’elle soit forte et durable, elle ne doit pas non plus nous interdire de réfléchir aux mesures qui pourraient empêcher que cela ne se reproduise de nouveau.

J’ai plaidé pour son maintien. La décision du Chef de l’État d’en sortir était prématurée. En ce sens, je demande solennellement à ce que l’on rétablisse l’État d’urgence. En vigueur, il a permis d’éviter qu’un certain nombre d’attaques terroristes ne soient perpétrées sur notre territoire.

S’agissant des djihadistes partis au Moyen-Orient porter les armes contre notre démocratie aux côtés des terroristes et qui demandent désormais à rentrer en France pour être jugés… Ils n’ont pas vocation à revenir. Ce ne sont pas des repentis, ce sont des criminels qui doivent répondre de leurs actes devant les autorités des pays dans lesquels ils les ont commis.

Mais il faut également aller plus loin et pour cela je suis favorable à la mise en place de tout un arsenal de mesures dédiées à la lutte antiterroriste, comme :

  • La fermeture des lieux de Culte et l’éloignement du territoire des imams qui prêchent la haine de la France et de ce qu’incarne notre civilisation.
  • Le renforcement des moyens de l’administration pénitentiaire afin de lutter contre le risque de contagion radicale dans nos prisons.
  • La prévention des « sorties sèches » en fin de peines concernant des détenus condamnés pour des faits en lien avec une activité terroriste.
  • La rétention préventive des fichés S français convaincus d’entretenir un lien avec la mouvance terroriste et l’expulsion immédiate de tout individu étranger faisant l’objet d’une surveillance particulière pour radicalisation.

Nous sommes en guerre. Et face à un ennemi de l’intérieur, aujourd'hui, notre État est vulnérable. Alors, devant l’ampleur de la menace terroriste islamiste, nous devons faire front et nous n’avons pas le droit d’être faibles.