Michèle TABAROT, Député de la 9° Circonscription des Alpes-Maritimes

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Solidement implantée sur le territoire de cette 9° circonscription, Michèle TABAROT ne s’avoue pas vaincue. Loin de là… ‹ Nice-Matin du 16 juin, propos recueillis par P. Primi

Vous attendiez-vous à un tel résultat au premier tour ?

Oui je l’avais dit. Le Président Macron a fait des débuts plutôt sympa, sans accroc, il « marche sur l’eau ». Du coup on s’attendait à cette vague. Même ici. Je vois des amis qui ont été de bons députés et qui sont emportés au premier tour. J’ai plutôt mieux résisté.

Pour vous la cause est nationale et non locale ?

Certainement. Avant le premier tour, les électeurs ne connaissaient pas mon adversaire, même si elle a une histoire politique. Depuis, on sait qu’elle a été présidente des Verts 06, qu’elle a soutenu Alain Lipietz dont je rappelle que son programme comprenait l’ouverture des frontières, le vote des immigrés, les 32 heures, la régularisation des sans-papiers.

Bref, elle est de gauche et même d’extrême-gauche. Elle veut incarner le renouveau mais elle a déjà été candidate aux cantonales et aux législatives à Cannes. Seule l’étiquette a changé. Mais comment parviendra-t-elle à concilier la loi Travail et son engagement politique et syndical d’hier ? C’est un peu la faiblesse des candidats d’En Marche mais les électeurs ne s’en rendent peut-être pas vraiment compte.

Alors, comment inverser la tendance du premier tour en votre faveur ?

Il y a un potentiel d’électeurs partout. Nous allons chercher les abstentionnistes dans chaque commune, nous allons parler à chaque électeur, y compris ceux qui, au premier tour, ont voulu donner une majorité au Président.

Et que leur dites-vous ?

Nous leur expliquons qu’il faut un contre-pouvoir, ou au moins la présence à l’Assemblée de gens libres de dire ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Je l’ai déjà dit, je voterai certaines propositions, comme la loi Travail et d’autres pas, comme la hausse de la CSG.

A vos yeux, comment expliquer l’abstention massive au premier tour ?

Deux primaires, la présidentielle, un climat catastrophique où on n’a parlé que des affaires et pas des programmes... Les gens en ont assez. Ils ont l’impression d’avoir fait leur boulot en choisissant un Président. Ils ne réalisent pas que le Parlement peut changer la politique.

Quel message leur adressez-vous ?

Mobilisez-vous. Votez. Au premier tour, certains n’avaient pas vu venir le danger. Il faut qu’ils soient là dimanche.

Votre atout ?

Ma proximité avec ce territoire, ses élus et ses habitants, ma connaissance des dossiers. Et ma constance dans mes convictions.