Michèle TABAROT, Député des Alpes-Maritimes

Article Nice-Matin du 12/01/2019, par Thierry PRUDHON

Michèle Tabarot est la nouvelle Secrétaire départementale des Républicains. Nommée par Laurent Wauquiez, elle a succédé à ce poste à Eric Ciotti, lui-même élu président départemental par les militants le 13 octobre. Pour la Députée de la 9° circonscription, Présidente de la majorité municipale du Cannet, qui avait déjà occupé cette fonction de 2002 à 2015, l’enjeu est de ramener de la sérénité au sein d’un mouvement affaibli par les tensions internes l’an dernier.

Comment concevez-vous votre rôle de Secrétaire départementale ?

Mon rôle est d’animer la première fédération de France. Nos militants sont en attente de dynamisme, dans un contexte national et départemental particulier. Mon souhait est que nous puissions travailler tous ensemble et que tout le monde soit entendu pour préparer les échéances à venir. Les européennes d’abord, en rappelant que Les Républicains sont européens, mais qu’ils veulent une Europe qui protège, pas une Europe de technocrates. Cela passe par un contrôle des frontières, un contrôle de l’immigration en amont pour éviter de faire prendre des risques à des migrants qui doivent ensuite repartir, une protection de nos entreprises… Viendront ensuite les municipales, où l’enjeu sera de conserver le plus d’élus possible après la vague bleue de 2014. A la différence du président de la République, nous sommes très attachés aux élus locaux, qui sont les premiers interlocuteurs des citoyens.

Comment comptez-vous apaiser les tensions nées de la rivalité entre Eric Ciotti et Christian Estrosi ?

Ce sont deux personnalités reconnues au niveau local et national. Ils se connaissent très bien. Ils trouveront sans doute, en tout cas s’ils le souhaitent, un chemin. Il faut les laisser décider de ce qu’ils veulent faire. Quant à moi, j’œuvrerai pour le rassemblement. Nous avons besoin de toutes les personnalités et je serai très attachée à ce que toutes les sensibilités se sentent bien au sein de notre famille.

Justement : la ligne de LR est-elle figée ou ouverte au débat ?

Parler d’une ligne Wauquiez a été utilisé pour faire croire que notre parti était caporalisé et qu’il ne pouvait suivre qu’un chemin. Ce n’est pas le cas. Il a toujours existé à droite des sensibilités diverses qui ont cohabité et qui font justement notre richesse. En revanche, nous avons un positionnement commun face au gouvernement. Nous n’adhérons pas à la politique de M. Macron, tout en sachant approuver ce qu’il fait de bien.

Comment expliquez-vous les difficultés de Laurent Wauquiez à s’imposer ?

J’ai le sentiment, et je le dis avec déception, que ce sont les Républicains dans leur ensemble qui n’impriment pas. Le paradoxe est que nous avons pourtant proposé différentes mesures dont le chef de l’Etat vient de s’emparer : nous n’avons cessé d’alerter sur la hausse de la CSG pénalisante pour les retraités, nous avons plaidé pour le pouvoir d’achat, nous avons déposé une proposition de loi pour le rétablissement des heures sup’ défiscalisées… Nous avons été à l’écoute du terrain. Nous sommes en phase avec les Français, mais nous subissons encore le contrecoup de la présidentielle. Nous avons maintenant devant nous le chantier de redonner de l’espoir à un pays extrêmement fragilisé.

En quittant LR pour le RN, Thierry Mariani a fustigé un parti qui ne va pas selon lui au bout de ses convictions…

Il avait déjà annoncé la couleur depuis quelque temps. Il a été battu aux législatives puis a pris un peu de distance avec notre famille, où il n’a pas trouvé de responsabilité dans le nouveau casting. Il en a conçu une certaine amertume. Il a eu une proposition ailleurs et il a franchi le pas, sachant qu’il a toujours été ouvert à un rapprochement avec le RN. C’est un choix personnel.


Michèle TABAROT au micro de Radio Émotion : « Emmanuel Macron aurait dû davantage écouter les Français »

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